Jeudi 21 février 2008
4
21
/02
/Fév
/2008
09:14
"L'heure de vérité"
Le problème n'est pas tant de savoir si ce qui se passe à Gaza aux yeux de la presse internationale est grave ou non ; les bonnes questions en fait, celles qui devraient concerner
chacun, y compris ce beau monde empli de compassion, commencent toutes par : pourquoi ?
Pourquoi toute la planète veut-elle donc croire au mensonge, à la manipulation, à la falsification… Et pourquoi n'arrivons nous pas à nous assumer jusqu'au bout dans nos décisions ?
Pourquoi attendons-nous tous le rapport Winograd comme s'il allait être en mesure de nous révéler quelque chose que nous ne sachions déjà.
Et enfin pourquoi, malgré tous les antalgiques qu’on nous force à avaler, ressentons-nous toujours un terrible malaise ?
Le peuple d'Israël pense, vit, réfléchit et bouillonne, car il a soif de vérité et d'honnêteté.
Que fait-on de nos vraies valeurs ? Reléguées au second plan ?
Le peuple juif aspire à la justice mais elle semble lui tourner le dos. Il admire le courage mais l’attend désespérément.
Quand un peuple aspire à tant de grandeur, que doit-il penser de ces hommes guidés par leur seul intérêt, qui assistent passivement au marchandage de notre Jérusalem ?
Notre peuple ne supporte plus l’apathie ni cette distance instaurée par nos dirigeants qui n’entendent plus, ne répondent plus à nos attentes, et restent insensibles à notre douleur.
Pourront-ils à présent avouer qu’ils ont manqué à leur devoir ?
Ce serait faire là acte de courage. Se lever et partir sans même attendre les conclusions d’un rapport. Partir même si on devait nous révéler que la seconde guerre du Liban a été une réussite
totale et que les gens du Nord n’ont jamais été livrés à eux-mêmes. S’en aller même si on devait nous affirmer que notre force de dissuasion avait été raffermie, qu’Ehoud, Oudi et Guilad allaient
être libérés, ou que Nasrala avait fait techouva…
Allons-nous attendre encore deux ans pour constater que nous sommes en guerre, que Sdérot se meurt dans l'indifférence et que Jérusalem se brade à cause de notre faiblesse?
Quel rapport encore faudra-t-il, pour nous convaincre que l'heure de vérité a sonné ?
Avraham Azoulay