IDENTITE NATIONALE
L'UNIVERSALITE, LA MEMOIRE ET LE SACRE
L'HISTOIRE des peuples du monde entier l'atteste : une civilisation ne peut durer sans se référer à un ordre spirituel qui dépasse les individus, ordre qu'ont à garder, en dépit des vicissitudes
humaines, les institutions politiques et sociales. Ce sont elles qui donnent sa légitimité à l'autorité comme elles en bornent les pouvoirs. Elles codifient aussi les relations au sein de cette
société : civilisation et citoyenneté ont la même étymologie.
Les valeurs fondatrices d'une civilisation ne sont évidemment pas figées dans le temps. Elles s'enrichissent ou se dégradent, principalement en fonction des dispositions de ses dirigeants à servir
le Bien commun.
LA MÉMOIRE
L'erreur intrinsèque des idéologies matérialistes est en effet de considérer que l'on construit sur la négation de ce qui préexiste. La science ne pourrait se développer si elle appliquait à ses
travaux de telles méthodes. Le chimiste Marcellin Berthelot, figure emblématique de la “libre-pensée” et du radicalisme du début du XXe siècle, en a tiré une observation dépourvue d'ambiguïté :
“Les faits anciens, les lois anciennes, subsistent dans l'ordre et la mesure où ils sont démontrés. La science ne renverse pas à mesure ses édifices ; mais elle y ajoute sans cesse de nouveaux
étages et, à mesure qu'elle s'élève davantage, elle aperçoit des horizons plus élargis.” (Science et libre-pensée).
En matière scientifique, les découvertes reposent sur le principe de causalité. En histoire, c'est en observant les principes qui les fondent que se perpétuent les sociétés humaines. La société
n'est pas le produit du contrat, mais le fruit d'un Ordre. Rien ne se fait sans soumission à cette loi : “Ce n'est pas seulement à cause de nous que nous l'aimons mais aussi à cause de nos
ancêtres, parce que le nom de la patrie se confond avec leurs noms, parce que la patrie, c'est la terre où ils sont nés, où ils ont vécu, où ils ont souffert comme nous, qu'ils ont arrosés de leur
sueur, défendue au prix de leur sang et dans le sein de laquelle reposent leurs cendres. Héritiers de leurs idées, de leurs traditions, de leurs mœurs, de leurs lois, nous le sommes aussi des biens
qu'ils nous ont légués, de la puissance matérielle qu'ils ont créée de leur labeur continuel.” (Ernest Renan, Qu'est-ce qu'une nation ? leçon donnée au Collège de France ).
Sous l'universel changement qui nous abuse ou nous enivre, se cache une grande et profonde loi d'immobilité ou, tout au moins, d'équivalence compensatrice dans l'oscillation des divers changements.
Ce que l'observation des mœurs des peuples avait révélé, est confirmé par la science moderne. Tous les êtres vivants observent cette règle de fond, sans laquelle les espèces auraient disparu : “La
volonté de l'homme sera toujours impuissante à modifier la structure de l'univers. Comme nos frères inférieurs, les cétacés des mers polaires ou les anthropoïdes qui errent dans les forêts
tropicales, nous faisons partie de la nature. Nous sommes soumis aux mêmes lois que le reste du monde.” (Alexis Carrel, prix Nobel de médecine 1912, L'homme, cet inconnu ).
Nous devons en effet répondre, sur le plan spirituel comme naturel, à notre fin. Nous ne subissons pas notre condition passivement, nous sommes les sujets actifs d'une chaîne qui vient de loin et
va au-delà de notre seule existence propre : “La Nation, même unanime, n'a pas le droit de disposer arbitrairement de la chose commune, de la risquer à sa fantaisie, de la subordonner à
l'application d'une théorie ou à l'intérêt d'une classe, cette classe fût-elle la plus nombreuse. Car la chose commune n'est pas à elle, mais à toute la communauté passée, présente et future.
Chaque génération n'est que la gérante temporaire et le dépositaire responsable d'un patrimoine précieux et glorieux qu'elle a reçu de la précédente à charge de la transmettre à la suivante.”
(Hippolyte Taine, Les origines de la France contemporaine ).
Il y a, en effet, dans la continuité des civilisations et des peuples, une harmonie préétablie, reflet de la Création, que les Grecs appelaient Cosmos, qui signifie Ordre. Le vingtième siècle,
siècle du matérialisme “scientifiquement” réalisé et des barbaries totalitaires, du communisme à l'avortement, n'a cessé de vouloir s'affranchir de cet Ordre. Cet “affranchissement” a débouché sur
d'immenses tragédies dont nous continuons à payer le prix : “Nous avons traversé avec vous le XXe siècle, de part en part un siècle de terreur, effroyable couronnement de ce progrès auquel on avait
tant rêvé au XVIIIe siècle.” (Alexandre Soljenitsyne, Allocution prononcée lors de l'inauguration du monument des Lucs-sur-Boulogne, “l'Oradour vendéen”, 1993 ).
L'abîme de contradiction entre l'homme rêvé et l'homme réel, “l'homme nouveau” et l'homme pratique, ne paraît alors comblable que par l'Utopie - l'idée sans feu ni lieu -, et son inéluctable
corollaire, la fascination de Thanatos : “Le dépérissement et la mort de l'humanité ne sont pas la conséquence fortuite, extérieure, de l'incarnation de l'idéal socialiste, mais en constituent au
contraire l'élément organique essentiel. La mort de l'humanité n'est pas seulement le résultat concevable du triomphe du socialisme, elle constitue le but du socialisme.” (Igor Chafarevitch,
mathématicien et logicien russe dissident, Le phénomène socialiste ).
La meilleure preuve en est aujourd'hui fournie par l'idéologie mondialiste. La liquidation des frontières, en dépit des apparences, renverse une des lois de la vie et de l'histoire. Une nation a
besoin de frontières, comme une maison a besoin de portes et de fenêtres. Il peut être séduisant, pour exercer une emprise éphémère sur une opinion désinformée, de prétendre le contraire. Mais
quand l'invasion est là, militaire (les occupants), économique (le libre-échangisme) ou démographique (l'immigration), il est trop tard : le temps des épreuves et des larmes est venu.
La constitution des sociétés politiques doit donc être ordonnée à un seul et même critère : la continuité spirituelle et physique de la communauté nationale. Toute autre considération, pour
séduisante qu'elle soit, est à terme mortelle. Elle doit être combattue et rejetée sans faiblesse. Cette exigence ne diminue aucunement la liberté de chacun, bien au contraire, puisque chaque
génération doit transmettre l'acquis reçu, non seulement intégral mais, mieux encore, enrichi.
Toute décision politique doit, par conséquent, exprimer son inspiration dans les valeurs nationales pour y trouver, non un modèle tout fait, mais une ligne directrice ferme et claire.
C'est particulièrement vrai en politique étrangère. Ainsi, lors de la “guerre du Golfe”, était-il évident que la région irako-koweitienne, de longue date sous influence anglo-saxonne (britannique
puis américaine), n'avait pas à voir intervenir ni la France, sinon pour y préserver ses intérêts pétroliers, ni Israël sinon pour y préserver la securite de ses citoyens.
Le Politique se doit d'encadrer la vision historique qui est dispensée aux jeunes Israéliens. Prohibant tout dénigrement systématique du meilleur réalisé par Israël et les citoyens Hébreux, en
métropole ou en Diaspora, ce qui n'exclut, bien entendu, ni la lucidité, ni la réflexion, l'instruction doit transmettre, dans le respect de la chronologie et l'honnêteté des analyses, les hauts
faits et gestes de la Mémoire nationale. L'enseignement public le fit jusqu'à une date récente : “D'autres peuples, à une époque privilégiée, ont eu un épanouissement magnifique, supérieur à celui
d'Israël et de la Nation Hébreue, mais ils ont été ensuite épuisés. La Maison d'Israël seule a su se renouveler sans cesse. A toute époque, son influence aura été présente et marquante partout de
par les Nations. Des milliers de vestiges et de monuments attestent cette gloire.
Enfant, tu es l'héritier de tous ceux qui, depuis l'origine des âges, ont vécu sur le sol de cette Terre Sainte où tu as grandi. Quelles qu'aient été leurs idées, ils ont travaillé pour toi.
Respecte les pierres qui rappellent leur existence, leur travail, leurs pensées. Conserve ce patrimoine précieux qui honore la Terre d'Israël
Le retour à l'histoire événementielle, injustement décriée au profit d'une histoire globalisante et sociologique est, de ce point de vue, fondamental. De même qu'on ne peut écrire sans maîtriser
l'orthographe et la syntaxe, de même la formation du citoyen passe-t-elle impérativement par la compréhension et l'assimilation des faits qui forment l'histoire du Peuple Juif et de la Nation
Hébreue.
Tout citoyen est évidemment libre d'interpréter comme bon lui semble les faits historiques. Mais ces derniers demeurent le repère essentiel, le “vêtement commun national” à tous les Juifs,
expression de leur unité au-delà de leurs différences de nature et de rite. C'est ce principe qui fonde l'admission d'un converti (selon la Loi Juive) au sein de la communauté nationale. Il doit
assimiler pour s'assimiler: puisqu'il n'est pas Hébreu par le sang, il doit le devenir de tout son esprit et sans retour, dans les mœurs, la langue, l'éducation qu'il donne à ses enfants.
L'UNIVERSALITÉ
Le premier devoir du Politique est donc de gouverner conformément aux valeurs fondatrices de la Cité dont il a la charge. La formule du serment prononcée lors du sacre du Roi lui rappelle qu'il
doit avant tout faire régner l'harmonie dans son royaume... de faire observer la justice et la miséricorde dans les jugements...”
NOTRE HERITAGE MILLENAIRE
Les sept lois de Noé (Noa'h en hebreu) constituent le fondements d'une société juste et viable. Elles sont les commandements de D-ieu à l'ensemble de l'humanité, et lui permettent de réaliser sa
destinée dans la paix, l'harmonie, et la prospérité. Lorsque D-ieu créa le monde puis l'homme, il préscrivit d'abord six loi au premier d'entre eux, Adam. Puis D-ieu renouvela ses commandements à
Noé, survivant du Déluge, en ajoutant une septième loi aux précédentes. Empreinte du sceau de Noé notre ancêtre commun, les Sept loi de Noé s'addressent à tous les humains. Il y a presque quatre
millénaires l'injonction faite aux hommes d'observer ces lois fut renouvelée une troisième fois par l'intermédiaire de Moïse, lorsque D-ieu transmit la Torah.
MAINTENANT
Après des générations de conflits, l'humanité aspire à une ère nouvelle où régneront la Paix, la Justice et le Respect des droits de l 'Homme.
Chacun se souvient de la chute du mur de Berlin ou encore de la disparition du régime de l'Apartheid en Afrique du Sud. D'autres bastions de l'oppression restent à tomber, mais l'espoir de voir se
réaliser un jour le verset d'Isaïe [II-4] est gravé sur la facade de l'ONU "Ils transformeront leurs glaives en socs de charue".
PLUS QUE JAMAIS
Aujourd'hui, Rabbi Mena'hem M. Schneerson, 7ème Rabbi de Loubavitch, leader de notre génération, s'adresse à nous en ces termes : " Il faut augmenter en actes de bontés et de bienfaisances " , et
nous enseigne que c'est là le moyen de se préparer au dévoilement messianique que doit connaître notre génération.
L'avenir de l'humanité peut être rayonnant.
Cela dépend de chacun d'entre nous.
Sachons apporter notre pierre à cet édifice.
LES 7 LOIS DE NOE
1. Interdiction de l'idolatrie.
2. Interdiction de blasphemer.
3. Interdiction de tuer.
4. Interdiction voler.
5. Interdiction des rapports immoraux.
6. Obligation d'instituer des tribunaux.
7. Interdiction de consommer la chair d'un animal vivant.
LE SACRÉ
La conception mécaniste des rapports sociaux qui prévaut depuis trop longtemps a consacré le triomphe de l'abstraction, l'élimination de l'expérience et du multiséculaire “humus humain” (selon
l'expression de Fernand Braudel, historien contemporain ). Les “élites” de notre pays, publiques ou économiques, se conduisent trop souvent comme si la société n'était qu'un champ d'expérimentation
sans conséquence pour ceux qui la composent : “Ils considèrent les hommes dans leurs expériences comme ils le feraient ni plus ni moins de souris dans une pompe à air ou dans un récipient de gaz.”
(Edmund Burke, parlementaire libéral anglais, Considérations sur la Révolution de France, 1791 ). De là, leur adhésion à toutes les utopies successives, libéralisme, socialisme, marxisme,
tiers-mondisme, mondialisme, etc... L'idéologie des droits de l'homme, ultime paradigme d'une intelligence en péril de mort, en l'enfermant sur lui-même, en a fait un être “unidimensionnel” ( titre
du principal ouvrage du sociologue gauchiste américain des années Soixante, Herbert Marcuse).
Si l'enracinement a une dimension physique il a, plus encore, une dimension morale. Est enraciné, pourvu d'une identité, celui qui assume en pleine conscience cette transmission, c'est-à-dire une
tradition continuée. Car on ne transmet que ce qui vit, on n'améliore que ce que l'on vit. Cette transmission rend non seulement l'homme responsable mais, bien plus, elle l'élève au-dessus de sa
condition purement biologique : “La tradition relie le temps à l'Eternel, ce qui change à ce qui ne change pas ; elle maintient quelque chose qui échappe au temps, à l'écoulement des évènements,
pour nous introduire en une réalité qui ne meurt pas : la tradition est mémoire, et un homme sans mémoire n'est rien.” (Paul Scortesco, ancien ambassadeur de Roumanie et écrivain, mort en exil en
France ).
La volonté de se continuer en se grandissant et de se surpasser est la loi même de notre civilisation. Elle a donné ce type humain indépassable qu'est le Soldat de la Maison de David, et c'est en
Israël que ce type s'est approché le plus près de la perfection :
“Ce qu'il y a de vrai dans les résultats de la recherche ethnologique en général, est la mise en évidence d'un élément non-politique ou non-sociologique, comme fondement au moins secondaire du
pouvoir politique. C'est cet élément religieux, ou plus exactement sacré, qui est dans toute société normale, le fondement du pouvoir. Celui-ci vient de la Divinité, mais sociologiquement parlant,
par la médiation de la paternité. L'archétype naturel du pouvoir socio-politique est l'autorité paternelle, parce que l'archétype de la société civile, comme l'a vu Aristote, est la famille.” (Jean
Hani, ethnologue français, La royauté sacrée ).
Il n'est que temps de réintroduire le Sacré dans notre société. On voit bien que nos contemporains n'ont pas faim que de pain. A des degrés divers, la percée des sectes comme l'usage massif de
tranquillisants, tant par beaucoup d'individus dans le monde occidental que par nos compatriotes, en sont les contre-preuves. La sécularisation progressive des sociétés occidentales depuis le XVIe
siècle, sécularisation qu'elles ont exportée dans le reste du monde, porte une très lourde responsabilité dans le “désenchantement du monde moderne” (expression de Max Weber, économiste et
sociologue allemand des années Vingt ). A contrario, si certaines sociétés asiatiques ont su préserver leur cohésion, en dépit des chocs de la révolution industrielle venue d'Europe, elles le
doivent à des valeurs communautaires ou familiales transmises sans pseudo solution de continuité.
Le déclin de l'Église catholique romaine, depuis le second concile du Vatican, par la perte du modèle de “société d'ordre” qu'elle incarnait et dont le magistère était accepté même par des
incroyants, a aggravé la crise intellectuelle et morale en Occident. Aucune société ne peut durablement faire l'économie du Sacré qui est, par définition, la vraie différence. Le monde a besoin,
pour ne pas s'enfoncer dans des ténèbres sans retour, que soit gardée, vivante et ferme, la mémoire de l'Incarnation.
Nous, Juifs et Israéliens, avons une chance considérable. Depuis des siècles notre patrie, la Terre de nos ancêtres, a un visage familier. Elle est pleine de commodités pour ses habitants, elle a
des racines concrètes faites d'équilibres subtils, un patrimoine intellectuel et sensible encore largement présent dans les usages de notre vie quotidienne. Si elle attire autant d'Olim, c'est
qu'elle possède cette “différence” qui n'existe nulle part ailleurs.
C'est vers cet “héritage” que nous devons nous tourner pour retrouver ce sens des réalités qu'ont perdu les politiques contemporaines : “On a mis dans la tête des gens que la société relevait de la
pensée abstraite, alors qu'elle est faite d'habitudes, d'usages; en broyant ceux-ci sous la meule de la raison, on pulvérise des genres de vie fondés sur une longue tradition, on réduit les
individus à l'état d'atomes interchangeables et anonymes.” (Claude Lévi-Strauss, ethnologue français de gauche, inventeur du “structuralisme”, dans un entretien au Figaro, 1990 ).
Il est de la responsabilité du Chef du Gouvernement de ne pas désacraliser la vie publique. Par delà les symboles, les autorités politiques de notre pays doivent donc assurer la continuité de “Am
Israël” et veiller à sa souveraineté. L'une ne va pas sans l'autre. Si on laisse s'effondrer notre démographie au profit d'une autre et s'y substituer une immigration de peuplement, exploser la
criminalité ou “diaboliser” nos origines, autant laisser Israël se dissoudre dans le melting-pot mondialiste (D. préserve).
Car tout se tient. Les “responsables” politiques ne le sont que dans la mesure où ils sont comptables de ce qui est et de ce qui doit être. Il n'y a pas d'autre politique possible que le
rassemblement autour de la Patrie parce qu'elle est essentielle pour celui qui vient au monde. C'est par elle qu'il se trouve, dès les premières heures de sa vie, lié aux destinées de ses ancêtres
et aux efforts de ses proches.
Aussi loin que porte l'intelligence, il n'y a rien qui vaille contre cette qualité d'héritiers. Nous sommes les fils et les filles d'Abraham, Itzhak et Yacov, Sarah, Rivka, Rachel et Léa qui
créèrent la Maison d'Israël. Cette vérité qui explique tant d'aspects de nous-mêmes, fonde nos devoirs d'aujourd'hui et nos engagements de demain. Elle est la condition du relèvement de notre
Sainte Patrie.